Escalade d'un col : Le poids des mots, le choc des chronos

 

Sommes nous tous égaux devant un col de 10 kilomètres ? ( par exemple)

 

 

 

Avant le verdict, il me semble nécessaire de faire une analyse succincte d'une ascension.

En règle générale on peut grimper un col au seuil anaérobie, autrement dit à une fréquence cardiaque qui nous permet de grimper vite mais avec production d'acide lactique ( en réalité c'est une zone de transition en fc).

Ce dernier, à ce seuil, n'est pas complètement éliminé : cela va donc limiter la durée de la performance ( on peut tabler sur une heure; cette durée variera selon le niveau d'entraînement).

Si on accélère la fc va augmenter et la durée de l'effort va diminuer sensiblement ( linéairement pour simplifier l'étude) jusqu'à 3 min à la fréquence cardiaque maximale.

A chaque fréquence cardiaque correspond une puissance déterminée par un test de laboratoire (reproductibilité fiable dans le temps), il en résulte la courbe ci-jointe linéarisée.

Quand on grimpe un col à une vitesse donnée, en fonction de la pente moyenne, il est possible de décomposer la vitesse d'ascension en deux vitesses perpendiculaires : la vitesse de déplacement vertical et la vitesse de déplacement horizontal.

A noter que pour une vitesse donnée correspond une puissance donnée.

A faible allure, quelque soit le gabarit du coureur on peut estimer la puissance nécessaire pour le déplacement horizontal à une même valeur. (dans un soucis de simplification ici)

Toujours à faible allure, la puissance nécessaire pour s'élever ( V verticale) sera proportionnelle au poids du cycliste ainsi qu'à la pente de l'ascension.

Si un cycliste vient à prendre quelques kilos supplémentaires,il devra développé une puissance plus importante pour grimper à la même vitesse ou baisser l'allure pour sa puissance de base.

Il découle donc de ces deux études simplifiées, que le cycliste peut (doit ?) grimper un col d'une petite heure à une vitesse donnée. Cette dernière correspondra à la puissance au seuil anaérobie.

 Des exemples concrets

 

Titi et Toto (dés"n"toxiqués) pèsent respectivement avec leur vélo 75 et 77 kg.

Nos deux baroudeurs ont les mêmes données physiologiques avec une puissance de 210 W au seuil anaérobie (san). Ils grimpent un col de 10% de moyenne durant 10 km à cette fréquence cardiaque limite :

Cela fait une vitesse moyenne de 10.13 km/h pour Titi le plus petit et 9.87 km/h pour Toto le plus gros; à l'arrivée près de 1 min 35 s de retard pour Toto ( Toto est énervé).

 

Toto décide alors d'améliorer sa puissance au san, elle passe à 220 W : Titi arrive en haut du même col près de 1 min 10 s après Toto.

Alors Toto continue et perds 2 kg pour être affûté comme Titi ; dans ce même col, il lui mettra près de 3 min : c'la fait !

 

Ceci bien sur à condition de rouler au san exclusivement et en fin de sortie, on ne monte rarement au dessus surtout dans un col.

 

 

Maintenant Christophe, 90 kg ( c'est moi) a (avait) une puissance au san de 350 W, grimpe un col avec un gringalet de 70 kg qui lui a une puissance de 250 W au san : Qui arrive le premier ?

 

 

Christophe roule à 14 km/h de moyenne et notre gringalet à 12.9 km/h : Christophe passe en premier en haut du col.

c'la fait aussi ! non !!!

 

Pour conclure connaissant ses limites physiologiques du moment et en s'entraînant pour améliorer son potentiel, il est possible de passer les bosses même quand on ne pèse pas 50 kg tout habillé.

De plus connaissant sa vitesse moyenne et sa cadence de pédalage optimale ( par expérience ou par test), on trouve rapidement le braquet idéal.

Remarque : dans cet exposé, j'ai omis volontairement la vitesse de déplacement vertical, le rendement du couple homme-machine ainsi que la motivation. Sinon, cela serait une usine à gaz pour les explications : l'essentiel est dit.